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Année 80
Chapitre 21

Où en est-on du côté musical en France ? Sardou est le recordman des ventes de disques, Johnny est toujours dans le peloton de tête, moins de tubes peut-être, mais il remplit toujours les salles, son dernier disque « Ma gueule » parodié par Sim marche très fort, contrairement à son couple… Il divorcera de la belle Sylvie au printemps, les deux ex-rivales se voient dans la même situation quelque part, un divorce, un fils, une carrière prometteuse à l’international et toujours les numéros Un en France ! On retrouve sensiblement les mêmes depuis quinze ans, Mireille Mathieu tourne à travers le monde et adapte avec succès Barbra Streisand, Dalida a été la première femme à remplir le Palais des Sports, avec un show à l’Américaine, saluée par tous, sauf par Nicoletta qui aime la polémique et accuse la star de chanter en play-back ! France Gall continue sur sa lancée avec son mari Michel Berger, « Il jouait du piano debout » est son super tube, après avoir fait partie de l’aventure « Starmania » l’opéra rock écrit et composé par son époux et Luc Plamendon. Michèle Torr remplit les salles et s’attaquera bientôt à l’Olympia, du coté des nouvelles têtes, Karen Cheryl confirme son nouveau succès international aussi, on découvre la jeune Lio qui  débute à seize ans en chantant un sulfureux « Banana split »On voit l’émergence de la nouvelle scène rock avec des groupes qui s’installent sur la durée tels les Téléphone, Starshooter, Bijou…

Sheila ne se fait pas que des amis, devant ce succès que d’aucuns jugent de haut, telle Amanda Lear qui trouve que le disco de Sheila et Dalida est vraiment mauvais, pour leur rendre hommage, elle a surnommé ses deux tortues du prénom des deux vedettes ! Cerrone, l’un des pionniers trouve que Sheila ne fait pas du disco, mais de la variété qui s’y apparente… Jusqu’à un journaliste qui juge que le pire dans le disco, c’est Sheila et le meilleur, le groupe Chic… On ne connaît pas sa réaction lorsque le pire s’est associé au meilleur !

Les grands shows internationaux ont adopté Sheila et ses B. Dévotion, ils sont maintenant identifiables, depuis presque trois ans, ils ont fait tous les plateaux télé imaginables, arpentés de grande scènes dans des tenues mémorables, Sheila B. dévotion aura laissé une trace, il suffit de consulter nombre de sites web aujourd’hui pour constater que « Spacer » est toujours cité, que la brève carrière de SB Dévotion est encore relatée…

Pourtant, « Singin’ in the rain » est l’album et le single qui s’est le mieux vendu, « Spacer » fut par contre classé aux Etats-Unis et pas « Singin ». En France, « Spacer » se vendit à 400.000 exemplaires, ce qui est beaucoup mais paradoxalement, c’est le pays où il se vendit le moins, nul n’est prophète…

Elle annonce à « Hit magazine » son intention de rechanter en français et d’essayer de concilier deux carrières. Elle donne même en exclusivité un titre de son futur album qu’elle a commencé a enregistrer entre deux shows télévisés (notamment avec Julio Iglésias« Les sommets blancs de Wolfgang »… Mais la priorité reste l’album américain, le tout premier d’une longue série , du moins l’espère t-elle !

Sheila loue un appartement sur la cinquième avenue à New York, on lit dans la presse qu’elle a pour voisin Robert Redford, l’histoire ne dit pas s’ils se sont rencontrés, aucune photo n’est parue. Il faut dire que KOTW ne contient que six nouveautés si l’on excepte le déjà célèbre « Spacer » et l’autre face « Don’t go ». Dira-t-on que le travail fut bâclé ? Certes, non mais en comparaison, l’album de Diana Ross « Upside down » qui sort quasiment en même temps est plus abouti et contient  trois bons hits , cet « Upside down » qui est une réussite absolue et que Sheila aurait réservé et aussi « My old piano » et surtout « I’m coming out » mais c’est celui de Sheila qui nous préoccupe… Il sort début mai dans le monde entier, pour la France, Carrère a même fabriqué des affiches de pub que l’on voit dans le métro, une première pour un disque de Sheila !

Le son est déroutant, on ne parle plus ici de disco, l’ambiance du disque est un savant mélange d’inspirations funk, rock, dance et new wave, le nouveau courant musical du début des Eighties… « King of the world » le titre principal et celui de l’album est déjà annoncé à la une de « Hit magazine » alors qu’il n’est pas encore paru ! Mais passe déjà beaucoup sur RTL et notamment en exclusivité dans l’émission de Bernard Schu « Wrtl » qui proposait déjà chaque semaine « Spacer », Schu véritable spécialiste du rock n’a jamais été partisan de Sheila et que « Spacer » soit en rotation dans sa programmation était déjà surprenant, « Je vous parie que vous ne devinerez jamais qui chante ce qui suit… » et d’enchaîner sur « Mayday » un extrait de l’album. Sûrement le titre le plus incroyable du disque et de la discographie de la chanteuse ! Elle passe carrément le mur du son, un son on ne peut plus moderne, qui plus d’un quart de siècle après n’a quasiment pas vieilli !

Tout n’est pas égal dans ce disque, on retiendra surtout « Charge plates and crédit cards » , « Your love is good » prévu pour être le second extrait et qui fit l’objet d’un nouveau mixage pour l’occasion, mais qui demeurera inédit. Le reste est assez classique, que ce soit « Misery » ou « Cover girls ». La pochette est réalisée par John Waters qui fit beaucoup de réalisations pour Paul Mc Cartney, Sheila se trouve dans un magnifique ciel orangé, larguée en parachute au milieu d’oiseaux préhistoriques, on entre dans la quatrième dimension ! le verso nous montre le groupe Sheila and B.Dévotion dans leur tenue de parachutistes casque à la main. Les Black dévotion qui ont laissé tomber leur groupe « Trinita » ont rejoint leur chanteuse préférée dans l’aventure même si c’est pour la figuration, exit les couplets chantés , c’est le groupe Chic qui les assurent !

Avec ce disque novateur, surtout pour une chanteuse comme Sheila, qui trois ans auparavant chantait encore « La plus belle c’est maman » ! c’est un sacré challenge, déjà réussi par le single qui a précédé mais il faut convaincre et faire un nouveau succès qui confirmera… Mais chacun sait qu’il est difficile de rebondir après un gros succès, l’exception ne confirmera pas la règle. !

Sheila est fière de son travail, mais si celui-ci lui permet d’évacuer son stress et ses larmes devant son mariage brisé, le métier ne va pas lui faire de cadeaux. Un mois avant la sortie de « king of the world », Bernard Schu , toujours lors de son « Wrtl » passe « Première surprise partie », on veut bien qu’il soit devenu plus cool avec Sheila mais sitôt les vingt neuf « C’est ma première surprise partie yeah ! » finies, il conseille aux auditeurs de rester à l’écoute au sujet de Sheila pour une surprise… C'est la diffusion du titre que Sheila fera interdire et qui ne mérite même pas qu'on s'y attarde.

La pauvre Sheila, affaiblie psychologiquement va subir un second coup dur le mois suivant, pour sa première apparition télévisée pour « King of the world » elle a choisi … Guy Lux pour intervenir en invitée surprise… La mise en scène est d’enfer, tout comme son ex mari en 1974, une voiture est amenée sur scène, une chorégraphie avec non plus des bâtons mais des drapeaux, « King of the world » ce n’est pas encore Léonardo Di Caprio sur son rafiot mais plutôt Alain Prost dans sa Formule Un !

Sheila et les Dévotion apparaissent devant le public du 102 en délire, et soudain peu après le premier refrain, la bande play-back casse ! Un incident qui n’arrive jamais, bien sûr, on a déjà vu dans le passé des bandes qui ne démarraient pas, qui n’étaient pas à la bonne vitesse comme pour Dalida par exemple, ou qui n’était pas celle attendue : Eddy Mitchell pour Michel Delpech, mais qui se casse sur le bruit caractéristique de ce genre d’incident : jamais !  Avant que des années plus tard, cette séquence fasse le bonheur des bêtisiers, il faut se souvenir que Sheila fut attaquée une fois de plus sur sa réputation de reine du play-back et il suffit de retrouver les lettres des téléspectateurs dans les hebdo tv de l’époque pour mesurer la méchanceté dont elle fut victime… La rentrée explosive du « King of the world » s’acheva en pétard mouillé…

Alors, complot, vengeance ou simple erreur ? La presse se délecta, les « anti » Sheila se déchaînèrent, le fait que Sheila ne fasse pas de scène revint plus que jamais sur « le tapis » et la suite de la carrière de la chanteuse fut modifiée par cet incident… Pas si grave dixit Guy Lux… Bien sûr, en coulisses, Sheila dut piquer sa petite crise, déjà sur le plateau, on la sent « à bout » : « Bonjour ! comment ça va ? Guy vous dira qu’nous sommes en direct, que ce sont les aléas du direct, on va faire comme si on s’était pas vu et on va reprendre du départ… » et Lux de commencer des explications interminables et la bande qui reprend, là il faut admirer la conscience professionnelle et le métier de la chanteuse ! Une prestation différemment commentée selon les artistes invités à visionner ce morceau d’anthologie dans les différentes émissions, pour Annie Cordy c’est du grand professionnalisme que de reprendre et s’en sortir la tête haute, pour Jean-Marie Bigard, il ne peut rien arriver de pire, pour l’animatrice et ex compagne de Nagui, Marine Vignes, un temps présentatrice, Sheila a démontré qu’elle était une grande professionnelle… du play back ! rideau !

Bref, « sabotage » ou pas , comme dirait Nana Mouskouri dans un moment de solitude demeuré culte lui aussi (la bande ne partait pas), pour se faire pardonner, Guy Lux présenta la semaine suivante en ouverture du « Palmarès 80 » le nouveau clip tout frais sorti des studios en Angleterre de « King of the world » qui, en France se hissa jusqu’à la huitième place du « Hit des clubs ». « Spacer » est le seul titre de l’album qui remportera un grand succès, titre dont la promo continuera jusqu’à la fin de l’été 1980 partout en Europe.

Elle avait pourtant annoncé un nouvel extrait de l’album pour la rentrée mais Sheila est déçue et s’est rendue compte que son public de base, la famille, commençait à déserter… Les enfants et les mamies ont choisies Chantal  Goya , Dorothée pour la relève de « L’arche de Noé » et Mireille Mathieu reste la star des familles. Sheila s’est quelque part volontairement éloignée de sa « clientèle », mais un nouveau public n’a pas adhéré, les disques se sont vendus parce qu’ils étaient bons, mais l’image de la vedette est un peu dispersée, Sheila décide de mettre un terme à son incroyable épopée « SB Dévotion », de rechanter en français mais surtout de refaire de la scène, depuis seize ans, elle attend, sa gloire internationale l’a fait quelque peu patienter, ses prestations sur les plus grands plateaux télévisés du monde lui donnèrent l’illusion de « faire de la scène » mais malgré ses déclarations où elle affirme qu’à l’étranger, elle monte sur scène, elle a tout à prouver en France, le récent incident play back et les retombées qui suivirent l’ont convaincue, elle doit se reprendre et montrer de quoi elle est capable, seulement, si elle est sûre d’elle, son producteur l’est beaucoup moins …

 

Année 80
Chapitre 22

Alors qu’elle a l’honneur de quelques articles voire même des couvertures dans les magazines de nombreux pays, Sheila met la touche finale à son nouvel album en Français, le premier depuis quatre ans. On retrouve l’équipe des grands jours, Jean Schmitt perdu de vue depuis le disco et Mat Camison qui retrouve son nom. On retrouve également la méthode Carrère, des adaptations de succès étrangers, ainsi le titre principal « Pilote sur les ondes » est adapté de « Pilot of the airwaves » de Charlie Dore. Le texte original semble avoir été traduit au mot à mot, idem pour le « must » du disque, « Love on the phone » de Suzanne Fellini devient donc « L’amour au téléphone », « Psycho- killer » des Talking Heads,  déjà adapté en été par The Fools dans une version hilarante de basse cour « Psycho chicken », Sheila en fait tout un « Psychodrame ». Trois reprises seulement, les autres titres sont directement inspirés dira-t-on de tout ce qui marche à peu près dans cette première année des 80’s…

Pour « Les sommets blancs de Wolfgang », « My sharona » de The Knacks semble avoir décalqué sur ces fameux sommets, « Echo beach » de Martha and the Muffins a fortement impressionné « Rocky Angel » tout comme le ska des Madness pour le « Machine dancer » Louis

« Peur du silence, Je ne suis qu’une fille, Ma haute fidélité » achèvent de composer ce nouveau Sheila, le second pour l’année 1980, ce qui est exceptionnel dans sa carrière.

Voilà pour le contenu, le contenant des chansons ne laisse pas indifférent. On sent la volonté manifeste de l’équipe Carrère de donner à Sheila une image nouvelle, mais surtout moderne et plus… « rockn’roll » dans la démarche. De plus, ce disque est celui qui doit emmener Sheila sur la scène, d’où les nouveaux musiciens engagés pour l’occasion, « Les mauvais garçons » avec au clavier Mat Camison qui est de toutes les fêtes ! qui répètent déjà beaucoup pour la promo télévisée qui doit aboutir normalement à un projet très concret de salle à Paris !

La promotion sera efficace et non stop, Sheila se doit d’être crédible dans ce rôle de rockeuse, mais voilà, on parle encore de rôle et pas d’authenticité. Nul doute qu’elle veut bien faire, qu’elle croit à ce nouveau répertoire, du moins, elle doit se convaincre que pour chanter sur scène, il lui faut du matériel et ces « Mauvais garçons » ne sont pas si mauvais que ça, les chansons bougent plutôt bien, mais reste un problème de cohérence, d’identité, en quoi cette Sheila qui vante les bienfaits de la téléphonie est elle plus vraie que la sexy star du disco ?…Le marathon infernal des radios et télé est commencé, on va la voir partout, assurant comme jamais, se frottant aux questions d’Eve Ruggieri comme celle de la grande Duduche toujours fidèle au poste.

Pour faire oublier l’incident malheureux du play back,  Sheila va donc assurer la promo en direct absolu, les musiciens jouant vraiment, et elle peut ainsi annoncer son retour sur scène officiellement pour 1981. Le 29 octobre, elle reçoit un « coup de chapeau » au « Palmarès » de Guy Lux et y interprète la majorité de ses nouveaux titres, et en bonus, nous offre une magnifique surprise, une interprétation du « Jolie môme « de Léo Ferré immortalisé par Juliette Gréco. Le « vieux lion » eut vent de cet événement peu banal et demanda à la belle de venir rechanter la même chanson lors d’une émission lui étant consacrée au « Palace » avec Le Luron qui en était l’animateur. La rencontre improbable eut lieu et le maître félicita l’élève, ce qui fit taire pour un temps les mauvaises langues, Léo Ferré n’était pas réputé pour faire des cadeaux…

C’était plutôt bon signe pour la suite. Mais Sheila doit aussi faire sa promo et enchaîne avec « L’amour au téléphone »… Le maître apprécia sans doute moins, parce qu’il faut maintenant évoquer les textes de cet album… Les avis sont très partagés, le meilleur article que l’on puisse lire sur cet opus revient sans conteste à « Libération » qui sous la plume de deux journalistes bien connus, le redoutable Bayon et Michel Cressole (qui plus tard partagera un projet avec la chanteuse) en donne un reflet exact. « Sincèrement étonné, emballé, imaginez Mac Laren à l’origine des « Sex pistols » s’acoquinant avec Carrère (…) les deux se liant le temps d’un coup avec ce vieux malin de David Bowie (…) ça donnerait un feu d’artifice du tonnerre, ce que les plus excités, les plus extrémistes de nos punks d’autrefois n’ont jamais réussi à donner (…) Un disque ébouriffant (…) un peu porn, un peu rose, un peu niais, un peu génial, un combiné d’astuces, ambigu…(..) pour Bayon, excusez du peu…

Pour Cressole, la critique est visionnaire, quasi prophétique : « Le dernier 33 tours de Sheila est meilleur que celui de ses cousins les Rolling Stones (…) elle fait le point sociologique des thèmes de la rentrée, les loubards, la hi-fi, la télé, la politique, les pédés, le viol, l’apocalypse…(…) Courageuse, elle fait front aux dégradantes diffamations sur sa nature exacte répandues par les hétéros ploucs d’Oenix (…) comme toutes les chanteuses de la quarantaine, elle sait que son dernier public fidèle sera bientôt essentiellement constitué de la clientèle des boîtes homosexuelles (…) l’amour au téléphone, seule chanson possible du disque, vrai tube, où Sheila se fait Lio en beaucoup mieux ! (…) avec ce scoop sur les SM , elle bat Dalida sur son propre terrain de femme à gays.

L’album est ainsi très bien résumé, d’ailleurs Sheila n’assume plus du tout ce qu’elle y a chanté , elle n’a pas souhaité en 1996 la réédition en cd… Quelques titres pouvaient cependant traverser les années, « Peur du silence » que Johnny avait refusé, (tout comme « C’est écrit » d’Alice Dona dans le dernier album Français) qui parle de l’Afghanistan, des guerres qui s’éternisent, de la non communication, l’isolement…

Ce disque ne sera pas un immense succès, malgré tout, Sheila en 1980 reste une valeur sûre, on annonce cent mille ventes, ce qui est peu pour l’époque, beaucoup pour aujourd’hui. Sheila ne lésine pas sur la promo, persuadée que la scène l’attend. L’ex reine du disco a changé son look, exit les sexy shorts, les paillettes, l’ère est aux sweat-shirts Kenzai rapportés des U.S.A., bariolés, aux fuseaux en lycra et aux santiags. Quant à la coiffure, on retrouve deux grosses barrettes sur des bouclettes, pas très « rockn’ roll attitude » tout ça… Sheila s’essaye aux synthés pour « Pilote sur les ondes » avec une aisance de bon augure, malgré un manque de naturel évident.

Pour la fin de la première année de cette décennie prometteuse, Tf1 fait appel au jeune Patrick Sabatier, qui animait les émissions destinées à la jeunesse les mercredis après-midi et qui l’été précédent remplaça Duduche contrainte de partir en vacances. « Avis de recherche » fit un tel carton estival que la chaîne lui demanda de revenir juste avant le journal télévisé pour la rentrée. Le 19 décembre, l’invitée de la semaine est Sheila. Le principe de l’émission est simple, mais pas évident, un artiste tente de retrouver ses copains de classe tout au long de la semaine et le vendredi les retrouve en direct…

Sheila a choisi une photo de son école de danse datant de 1956. La petite Anny est habillée en Squaw, les appels affluent toute la semaine, lors du premier soir, Sabatier réussit l’exploit d’asseoir côte à côte les deux stars Sheila-Sylvie ! Une Sylvie en promo également pour sa jolie « Chanson au brouillon »… Le vendredi, à peine l’émission commencée, Sheila est déjà en larmes, l’immeuble de son enfance rue du docteur Richet à Créteil a été reconstitué, l’équipe de Sabatier a bien fait les choses, reconstituée aussi la devanture de la bijouterie où Anny rêvait avec ses copines, des copines qui arrivent les unes après les autres, plus émue forcément lorsqu’elle retrouve une dont elle se souvient particulièrement, telle Chounette, une dizaine d’anciennes petites danseuses ainsi qu’un ancien petit danseur  retrouve la star que leur ancienne camarade est devenue…

Sabatier fait venir sa maman Micheline, très émue également, celle de Françoise Dorléac, sœur de Catherine Deneuve, qui se trouvait également sur la photo. Sheila raconta, les sanglots dans la voix, que toute la classe de Madame Dazy s’était révoltée car la petite Dorléac avait  eu l’idée pour le spectacle de fin d’année de figurer une « vamp » redoutable sans doute, et ce qui ne plut pas . On lui demanda de ne pas faire son numéro, mais devant la détermination de ses camarades, Françoise put présenter ce numéro qui eut beaucoup de succès…

Par la suite, Françoise devint célèbre dès la fin des années cinquante en interprétant des rôles fameux, « La peau douce » et « L’homme de Rio » de Philippe de Broca avec Jean-Paul Belmondo pour ne citer que les plus connus. Sans oublier, le cultissime « Les demoiselles de Rochefort » où les sœurs Dorléac rivalisent de talent et de beauté… Ce film qui sortit quasiment en même temps que « Bang bang » et qui fut le dernier tourné par Françoise, un terrible accident de voiture la fit périr brûlée vive en juin 1967. Pour clore l'émission, pour la première fois depuis bien longtemps, les fameux « Guitar’s brothers » furent réunis autour de leur ancienne chanteuse…

Mais le moment fort de cet « Avis de recherche », ce furent les retrouvailles poignantes avec Lydia, sa meilleure amie, sa « sœur ». Le moment où Anny se jette dans ses bras en larmes est souvent rediffusé, ce fut un moment vrai de télévision et pour Sheila de retrouver enfin Anny à travers ses silhouettes du passé revenues dans un présent que Sheila ne sait plus trop conjuguer… Ce fut l’une des émissions les plus réussies de la série, la presse s’en fit largement l’écho, saluant les larmes de Sheila comme la petite fille de la France retrouvée…

Lydia qui travaillait en Allemagne devait décéder en 1988 des suites d’une longue maladie, comme on dit… Ce retour aux sources a permis à Sheila de faire un premier bilan de sa vie, l’échec de son mariage lui est revenu en boomerang, devant les unions heureuses de la majorité de ses anciennes copines, elle confie alors « ce métier que j’aime par dessus tout m’a quand même fait passer à coté de choses essentielles »… Heureusement, il y a son petit garçon Ludovic qui a cinq ans et demie, et son public, fidèle malgré les changements de style divers, mais elle reste Sheila, celle qui veut se battre pour la scène. 1981 sera synonyme de bien des bouleversements en France, dans tous les domaines. La face du show bizness le sera également…

Avant que Valéry Giscard D’Estaing ne prenne congé des Français, Sheila répète avec ses musiciens, ce spectacle auquel elle tient, cependant Claude Carrère fait traîner les choses, si des négociations eurent lieu, elles tombèrent à l’eau. Sheila, pour la première fois réclame des comptes, se fâche. Jean Schmitt racontera que l’ambiance n’était pas chaleureuse, qu’il devait défendre Sheila quand Carrère devenait ignoble…

Pas décidée à baisser les bras, Sheila embarque une nouvelle fois aux Etats-Unis, son récent succès avec Chic et ses différentes rencontres lui ont permis de faire la  connaissance de Keith Olsen, faisant partie du top five des meilleurs producteurs Américains. A son actif, quelque cent millions d’albums vendus par les artistes de son catalogue, aussi célèbres que Pat Benatar qu’il a découverte, Fleetwood Mac, Foreigner, Steve Nicks, Kim Carnes, Carlos Santana… Le courant passe tout de suite, « Olsen m’a comprise, il a su trouver des chansons qui me correspondaient tout à fait » dira-t-elle à « Télé star ». Sheila va donc enregistrer, non plus à New York mais à Los-Angeles avec des pointures comme David Foster et Chas Sandford. Le premier est surtout connu pour son travail avec Céline Dion et Madonna (You’ll see) et le second pour sa « basse » aux accents très reconnaissables dans les albums de Benatar mais aussi Chicago, Kim Carnes et le groupe Berlin (Take my breath away, la B.O. de « Top gun ») et donc de Sheila pour qui il écrit spécialement « Waiting for the night » un des meilleurs titres de ce disque qui s’intitulera « Little darlin » et qui sortira dans le monde entier tout comme le précédent produit par Chic.

 

Année 80
Chapitre 23

Comme Sheila navigue entre la France et les States, elle continue à enregistrer quelques titres en Français tout en travaillant son accent anglais avec Lisa son coach qu’elle retrouvera des années plus tard lors de l'émission « Le fabuleux destin »… Pour le printemps, Carrère propose un nouveau titre à Sheila, une adaptation d’un récent succès de Joe Dolce : « Shaddap you face » qui devient « Et ne la ramène pas » qu’elle finit par graver après avoir d’abord refusé devant le texte et la musique qui ne lui plaisent absolument pas…

Les discordes avec Carrère sont de plus en plus fréquentes, ils ne sont plus d’accord sur rien, Sheila cède cependant car il lui faut du matériel à offrir au public qui réclame des chansons en français et à part son équipe habituelle, qui pourrait en France écrire pour elle ? Elle se rend compte qu’elle est dans une impasse, le décalage est énorme entre ce qu’elle enregistre à L.A. et les chansons que Carrère lui apporte… Car, en effet, finie la provocation qui avait tant plu à « Libé », avec ce nouveau 45 tours, Sheila régresse de dix ans. Et pourtant, elle va assurer tel un bon petit soldat la promo intense de cette chanson médiocre qui pourtant fait un malheur et un nouveau disque d’or. Il y a deux Sheila, le public lui fait comprendre que c’est avec ce style de chansons franchouillardes qu’il l’a toujours aimé. La chanteuse est partagée, elle n’est pas sincère lorsqu’elle chante « Bonjour c’est moi Annie, j’ai quelque chose de très spécial pour vous aujourd’hui (…) que vas tu devenir, aies un peu de respect, apprends d’abord à vivre, pourquoi n’es tu pas gai (gay ?)…y’a plus malheureux que nous ici bas et ne la ramène pas… ». Un journaliste lui demande d’ailleurs comment elle peut chanter « Spacer » et « Et ne la ramène pas » avec la même conviction… Elle s’en tire par une pirouette, elle ne peut décemment pas désavouer son disque numéro un et elle ne le sait pas encore, un de ses derniers gros tubes !!!

Sheila, pourtant apparaît sûre d’elle comme toujours, souriante, rayonnante, elle balance son « Ne la ramène pas » à toutes les sauces, elle arbore un look proche de Gavroche de la comédie musicale « Les misérables » qui triomphe à Paris… Comédie musicale, dans chacune des ses interviews, c’est un leit-motiv, lorsqu’on lui parle de ses projets, Sheila évoque la comédie musicale qu’elle ne fera jamais…

Son bol d’air c’est, outre son Ludovic, l’Amérique, où elle se ressource, elle décide de tout plaquer en France, de partir s’installer six mois là bas en parfaite inconnue, ainsi elle pourra travailler sur son LP et reprendre son souffle. Avec l’équipe de Keith Olsen, tout comme avec Bernard Edwards et Nile Rodgers, Sheila se sent libérée, elle fait confiance et oublie ses complexes, ces gens lui font confiance, ils ont travaillé avec les plus grands, qu’ils aient accepté de lui faire un album, cette fois-ci sans que l’on paie pour elle, est une revanche fabuleuse. Elle a beaucoup de chance… Lorsqu’on écoute le résultat de six mois de travail, force est de constater une fois de plus que Sheila a eu raison d’être ambitieuse, les titres composés par Foster, Sandford, Ian Thomas, Holly Knight l’ont été spécialement pour elle, « Little darlin’ » le titre phare du disque sera repris par Rachel Sweet, une jeune débutante Américaine (qui reprendra aussi « Be my baby » que Sheila chantera cinq ans plus tard). « Runner » sera repris par les Manfred Mann , juste retour des choses, leur « Do wah diddy » était devenu « Vous les copains » en 1964… « Runner » qui sera le deuxième extrait à sortir en France ne sera pas exploité et on le regrette, il y avait un potentiel énorme dans cette chanson que l’on retrouve au générique du film « Philadelfia expériment » qui fera une carrière honorable, qui se doutera que l’original en était de Sheila ? Ainsi, la tendance s'inverse, c'est Sheila que l'on adapte à présent…

Rien à jeter dans cet album finalement plus personnel que « King of the world » dont le son appartenait tout de même au groupe Chic, là, Sheila est elle même, elle assure dans les graves comme les aigus, la presse ne s’y trompe pas, de nombreux articles paraissent dans le monde entier, jusqu’aux USA où le disque est né, en fin de compte, et le miracle se reproduit pour la seconde et dernière fois, l’entrée de « Little darlin’ » au Billboard. Un clip est tourné par le réalisateur David Mallet qui produira celui de David Bowie l’année suivante avec « China girl » extrait de l’album « Let’s dance » produit par Nile Rodgers… Lors du choix de Rodgers comme producteur, Bowie a écouté quelques morceaux créés par Chic, il trouva « Spacer » excellent, on a pu lire  que c’est grâce à ce titre qu’il signa le contrat… Ce qui ne paraît pas impossible, bien que « Upside down, Le freak ou Good times » soient très chics aussi, Bowie a toujours été attiré par l'espace, la science fiction, la chanson ne pouvait que l'interpeller.. .N'a t-il pas un de ses plus grands tubes qui s'appelle "Space odditty" ?

Sheila hésite à sortir le disque en France, son image est tellement brouillée qu’elle ne croit pas que son travail soit reconnu à sa juste valeur, elle a raison… « Et ne la ramène pas » a été un des tubes de l’année, dans le même temps, la gauche est arrivée au pouvoir, le 10 mai 1981 restera une date historique. Nul besoin de relater le programme de la gauche du président François Mitterrand, pour la chanson, cependant, de grandes avancées sont tout de suite réalisées, la fête de la musique instaurée par le ministre de la culture Jack Lang et surtout la libération des ondes F.M… Les radios libres voient le jour et en 1981 elles sont réellement libres, vont naître Nrj défendus par Dalida et son ancien secrétaire Max Guazzini qui sera à la tête d’un empire quelques années plus tard, Nostalgie  mais surtout , les deux grandes stations rivales depuis trente ans n’ont plus le monopole, Monique Le Marcis qui a toujours soutenu Sheila sur Rtl faisait la pluie et le beau temps, elle le fera encore longtemps mais les nouvelles radios vont tout changer, faire naître de nouvelles stars, certaines , éphémères, d’autres qui resteront comme Myléne Farmer, Jean-Jacques Goldman, Francis Cabrel qui seront les nouveaux Dieux de l’Olympe du show biz… Qui plus est, ce sera le retour à la chanson Française, des quotas seront imposés, l’univers musical change et inévitablement celui de la télévision également.

Guy Lux et Danièle Gilbert seront les premiers à faire les frais de cette nouvelle ère… Mais le président Mitterrand affirmera n’être en rien responsable de ces licenciements, « les Français qui ont voté pour moi n’ont pas voté contre Guy Lux »… Mais les directeurs en place à l’époque, ont sans doute cru faire plaisir au pouvoir en chassant ces représentants d’une politique de télévision dépassée, comment pourrait-on encore supporter la grande Duduche de Chamaillières qui a fait jouer complaisamment de l’accordéon à Giscard D’Estaing, né lui aussi dans cette ville… Anne Sinclair sera beaucoup mieux à midi et demie…Danièle s’en va en larmes, après douze années de déjeuners familiaux avec ses copains et copines Dali, Rika, Annie Cordy, Dave, Clo-clo, Plastic ,Karen et Sheila bien sûr…

Bien qu’elle affirmât en 1985 dans son livre : « Je reviendrai », elle ne sera plus jamais aux commandes d’une émission comme « Midi première », on la retrouvera animatrice dans les grandes surfaces, fera quelques retours avortés en télé, posera dans « Lui » en entrant dans le livre des records pour la plus forte vente du magazine et pour finir participera à un jeu de télé réalité « La ferme célébrités » qui ne lui apporta rien si ce n’est que de se montrer pas trop à son avantage.

Guy Lux eût plus de chances, Il revient deux années plus tard pour un bon bout de temps encore… Les stars sixties et seventies vont donc sérieusement pâtir de ce grand chambardement comme dirait Guy Béart… Pour l’heure, rien n’est perdu, la France fait tout de même un triomphe à « La danse des canards » vendu à trois millions d’exemplaires, un peu plus tard Bernard Menez et sa « Jolie poupée » seront disques d’or, le grand orchestre du Spendid se lâcheront sur une « Salsa du démon » d’enfer, Herbert Léonard ne revient pas que « Pour le plaisir », Dalida fait un ultime Olympia, Sylvie Vartan retrouve le Palais des congrès, France Gall et Michel Berger alignent les tubes, le groupe Chagrin d’amour crée le premier rap Français avec « Chacun fait c’qui lui plait » avec un certain Yves Martin qui a participé à la production et Sheila revient à la rentrée, blondie par le soleil californien, les cheveux plus longs mélangés à un bandana, très tendance, mais là où les fans l'attendent avec son nouvel album qui sera "rockn' roll" comme elle l'a déclaré au micro de Christian Morin sur Europe 1, c'est avec un 45 tours en Français, de la même veine que "Et ne la raméne pas" !

Une suite logique pour Carrère qui tente toujours de reproduire ce qui marche… Mais "Une affaire d'amour" ne prend pas, Sheila n'est pas motivée pour la promo ; qu'elle assure malgré tout ; pour une chanson qui représente tout ce qu'elle ne veut plus chanter… Si elle a hésité avant de sortir "Little darlin'" en France, l'album est déjà dans les bacs aux Etats-Unis… C'est en novembre que les Français découvrent le disque, le clip présenté pour la première fois sur RTL TV par André Thorrent qui ne trouve pas d'arguments trop forts pour évoquer le nouveau Sheila… Mais comme elle l'avait pressenti, les Français boudent le disque. La Sheila qui vantait "L'amour au téléphone" pouvait passer pour du second voire du cinquième degré, mais ce rock calibré FM, musclé, presque heavy métal, fait sourire ceux qui ne voient toujours en elle qu'une petite fille de Français moyen et n'arrive même pas aux oreilles des autres. Les fans acceptent une fois encore cette nouvelle métamorphose, mais le grand public ne croit pas une seconde à cette Sheila hyper américanisée, plongeant une fois encore dans le courant musical à la mode, sans penser qu'elle est peut-être sincère…

La presse ado habituelle fait une bonne pub à l'album en mettant en avant les musiciens de Pat Bénatar, la presse à scandales invente à la star des amoureux secrets, alors que "Jours de France" met à la une un couple plutôt bien assorti, Sheila et Bjorn Borg, le tennisman numéro un mondial ! On connaît la passion de la chanteuse pour ce sport et notamment ceux qui le pratiquent. Pierre l'a initiée au plaisir des courts et pas seulement à ceux là ! Ringo se défendait plutôt bien, il n'y avait pas de raison pour que le champion rencontré lors d'une "party" aux USA ne se mesure à la plus populaire des chanteuses Françaises… Borg ne tarit pas d'éloges sur sa compagne de jeux, une séance photos immortalisa cette rencontre au sommet… Quinze ans plus tard, l'écrivain Sheila ferait vivre une nuit d'amour entre son personnage Diana avec Borg, mêlant le fantasme à la réalité…

Sheila devra-t-elle toujours s'offrir en pâture aux journalistes dès qu'un homme s'approchera d'elle ? Est-ce si difficile de garder une relation secrète quand on s'appelle Sheila ?

Sheila vit entre deux avions, si l'accueil de son disque est plutôt tiède en Europe et particulièrement en France, C'est sur la côte Ouest des Etats-Unis qu'il marchera le mieux (38ème au top 100), elle y tourne un nouveau clip destiné à promouvoir "Put it in writing". David Mallet le réalise à nouveau, on y découvre une Sheila toujours plus belle, relookée rockeuse, blouson de cuir, bandeau dans les cheveux, évoluant au milieu de machos et de motos, très à l'aise dans cette figure imposée, mais même si on ne peut nier la formidable et improbable évolution de Sheila, vers quel avenir courre- t-elle ?

Quelle crédibilité lui accorder ? Ecoutons là se confier à Bernard Alés : "Je veux essayer de faire mon travail jusqu'au bout (…) pour moi, c'est un challenge, je chante depuis tellement longtemps que je n'ai pas besoin vraiment des Etats-Unis, c'est déjà une chance fantastique de pouvoir faire des interviews et des télés là-bas ! Les Américains ne me connaissent absolument pas, ils ignorent complètement que j'ai vendu 60 millions de disques, ils me voient arriver avec mon âge, mes cheveux blonds, avec une ride si j'ai une ride…(allusion sans doute à l'obsession maladive de Carrère pour la ride, cette fameuse ride du cou qu'il contraint Sheila de cacher avec des foulards de toutes sortes pendant des années…

Jean-Marie Périer
de souvient aussi des premières séances photos où Carrère était omniprésent et lançait à sa vedette, agacée : "Jeune, Sheila, fais jeune !" on comprend mieux aussi le rajeunissement de l'année de naissance d'Anny ! "Ma vie à New-York est complètement différente d'ici, tous les matins je me lève à sept heures et demie, à dix heures jusqu'à deux heures , j'ai mon cours de comédie, au "real stage" de John Strasberg qui dirige l'Actor's studio. Parfois j'y reviens de quinze à dix-huit heures, et là je joue "Le misanthrope, La descente aux enfers de Tennessee Williams (…) cours de danse ensuite, et de diction, jusqu'à deux ou trois heures par jour (…)je peux sortir où je veux jusqu'à trois heures du matin, je peux faire la folle si j'en ai envie car je sais que ce ne sera pas dans le journal…(…) "

Dans cette interview passionnante, Sheila évoque sa vie amoureuse, elle pense qu'elle ne pourra pas aimer à nouveau comme elle a aimé Ringo, qu'elle est une femme comme les autres et à plusieurs reprises, parle du moment où elle s'arrêtera… Des années plus tard, Sheila révélera qu'en effet, pendant cet exil volontaire à NYC , elle a songé très sérieusement à tout lâcher, déçue par son entourage professionnel en France, marquée par son divorce, fatiguée d'entendre toujours les mêmes histoires sur son compte… Et pourtant, elle va s'accrocher encore quelques années, elle est loin d'avoir tout dit et entre deux cours chez Strasberg et une ultime émission avec Danièle Gilbert, Sheila va faire une rencontre qui marquera à jamais sa vie…

 
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