1ère édition





De fil en aiguille - Par Eric Bergère -

Né en 1960, j'ai découvert Sheila en noir et blanc, sur la première et unique chaine de TV. Elle chantait ''Le folklore américain'', et comme Claude François et ses clodettes, elle chantait et dansait avec ses Sheilarçons tous en costumes style ''Western'' totalement exotique, pour le petit garçon de 5 ? 6 ? ou 7 ans que j'étais...

C'est le début d'un interêt grandissant, puis, d'un amour de fan pour la chanteuse et son allure, son style. Ma passion dévorante pour la mode à travers son prisme a commencé avec l'effet ''Tsunami'' de son aura sur mon imaginaire de petit provincial.

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(c) Fred

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En aout 1998, j'ai rencontré les jambes tremblantes, Sheila en personne, à 38 ans mon rêve d'enfant devenait réalité. Il m'était donné la chance unique de la mettre en valeur pour son retour, son retour inespéré ...

Tant espéré ! Sheila et son consultant Ludovic, sont venus dans mon show room parisien, nous avons discuté dans la bonne humeur, puis très vite on passait aux premiers essayages de ce qui serait la garde robe de Sheila dans ''son retour triomphant'' en pleine lumière, après des années de silence.

Bien entendu le jersey fluide des années ''Azzaro'' ont influencé mes choix de matière pour la deuxième partie du show. Mais ma fierté fut de convaincre d'abord Ludovic, puis sa maman, et enfin Yves Martin d'une entrée en scène théatrâle pour le comeback de la diva qu'elle est.

Le brouillard, une gare, quelques malles témoins d'un long voyage déposées sur le quai au loin. Une femme s'approche s'approche blottie dans un énorme pardessus d'homme blanc fumé, intro musicale puis ... ''Tu m'as manqué, tellement manqué''... Elle jette délicatement son manteau à la Garbo, et entame le début du concert dans un tailleur pantalon à la ''Diétrich".

C'était le retour d'une star glamour qui avait murie avec beauté et élégance, elle revenait rien que pour lui, son fidèle et ardent public. Pour eux, elle devait être la plus belle, sans age, avec son talent inégalé, au mieux de sa forme, de son allure de star absolue, sobre, digne, généreuse, rayonnante.

Eric Bergère




La mode, la télé, l'image, et la vedette …

Sheila a traversé nos écrans de télévision noir et blanc, puis couleur, en rentrant dans nos foyers en interprétant de multiples succès. Chorégraphies étudiées, une image toujours très visuelle, un look qui n'a cessé d'évoluer au rythme de ses chansons et de la mode.

Quand on prend le temps de se pencher sur les personnes qui ont travaillées avec elle, on se rend compte à quel point les rencontres ont été déterminantes et avant garde d'un succès et d'un parcours hors norme pour certains. Nous avons essayé une fois de plus de remonter ''Le fil du temps'', celui des couturiers qui sont associés et artisans de l'image de Sheila.

Sur une période aussi riche et dense quelques noms célèbres et non des moindres ont été relevés, Givenchy, Loris Azzaro, Ted Lapidus, Charles Jourdan, Jean-Paul Gaultier, Eric Tibusch, Emmanuel Marty, et Eric Bergère.

En 1998, quand Sheila est revenue sous les feux de la rampe pour le plus grand plaisir de tous, encore une fois, un jeune créateur a eu le plaisir de collaborer pour réaliser des tenues qui soient adaptables à un spectacle divisé en plusieurs tableaux. Il y avait un superbe ensemble blanc sur la chanson d'ouverture ''Tu m'as manqué'', avec une veste légère du même ton.

La deuxième partie plus punchy, nécessitait quelques astuces pour pouvoir réaliser à la fois scéniquement et visuellement des changements vestimentaires rapides en fonction du répertoire. Les critiques ont été unanimes, ce retour a été remarqué, gagnant, et des prolongations ont été programmées.

Fred







Spacer - Par LK-Bellepok -

Ce mot, à lui seul, sonne comme une curiosité linguistique puisque sa véritable traduction, "l'entretoise", une pièce rigide qui en relie deux autres et les maintient dans un écartement fixe, relève du vocabulaire technique. Rien à voir avec l'homme de l'espace, ou l'astronaute, le "space man" chanté en 1996 par Babylon Zoo ! Les auteurs de Spacer ont dû jouer aux Français, qui se disent qu'apprendre l'anglais sera fastoche. Par exemple, "a novel"... Ben, évidemment, c'est une nouvelle ! Bzzt ! Perdu ! Faux-ami ! A novel signifie un roman, et une nouvelle, selon le contexte, se traduira "news" ou "short story."

Non. Plus simplement, Spacer rimait avec Star chaser. 


Mais revenons à nos néons et nos bâtons

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(C) Sheila, le fil de notre histoire

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  • Spacer Live par Nile Rodgers
  • Nile Rodgers Masterclass


Pas facile d'écrire sur ce titre... Beaucoup de détails ont déjà été copieusement fournis par Sheila elle-même, expansive sans être vraiment précise, ou par Nile Rodgers, plus mesuré et lucide lorsqu'il évoque "Clauwd Quewhair", mais fier du morceau qu'il interpréta au festival jazz de Montreux. Ou par des space-ialistes qui ont en stock à peu près... tout. Vinyles, CD, CD-Maxi, Maxi-CD, Maxi-Maxi, ou CD-CD, versions alternatives, maxi 45T, 45t mini, posters, vidéos, affiches publicitaires, sans oublier les remixes jusqu'à l'indigestion.

J'ai offert le vinyle bleu, le seul où cohabitent ainsi sur une face A et une face B "Spacer" et "Singin' in the rain", dernier trésor de ce qui me restait de mes marottes de collectionneur dingue et poussiéreux, à un copain.

Je crois que je voulais oublier pour mieux me rappeler l'essentiel.

Parce que lorsque je pense à Spacer, je pense à ce quelque chose de perdu. A quelque chose que j'ai perdu. La mélodie de spacer ne possède-t-elle pas une ambiance mélancolique, lointaine, le compte à rebours d'un départ ?

Oubliés les soucis de tonalité trop grave, souvent évoqués, peut-être trop, par Sheila. Spacer couvre presque une octave et demie... Nile Rodgers et Bernard Edwards firent chanter sheila comme Diana Ross dans Upside down. La grande classe.

Oublié que si elle avait commencé à interpréter le couplet ne serait-ce qu'un demi-ton au-dessus, elle se serait esquinté les aigus sur "my heart skips a beat" avant l'attaque du refrain...

Oubliées les versions divergentes de ceux qui discutaient les motivations