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30 octobre 2015 - Entretien avec Jacques Pessis
Propos recueillis par Frédérick










Juste comme ça

Jacques Pessis est un journaliste écrivain, comédien, un homme qui a aussi travaillé à la radio avec Philippe Bouvard, à la télévision et dans la presse. Un parcours dans l'air de notre temps, le média et le multimédia, quelqu'un qui aussi de multiples facettes et une carrière professionnelle riche et dense.

Il a souvent côtoyé Sheila pour le projet de l'intégrale 2006, celle-ci a signé la préface de son excellent ouvrage "Les Années Disco" paru aux Editions Chronique la même année. Nous vous laissons en sa compagnie, car nous avons beaucoup de questions à lui poser...









1. Tout d'abord un grand bonjour, et merci d'avoir répondu à notre demande. Pourriez vous, vous présenter à nos lecteurs et nous expliquer comment votre vocation est née ?


J'ai grandi (enfin, pas beaucoup…) avec la radio en écoutant, en même temps, Radio Luxembourg, Europe n°1 et France Inter. A 6 ans, j'ai découvert Pierre Dac dans Signé Furax et Philippe Bouvard dans le Figaro. J'étais fasciné. Je me suis dit qu'un jour, je ferais comme eux. Je n'en espérais pas tant.

2. Nous avons découvert que vous êtes aussi le producteur et réalisateur ''Les Lumières du Music Hall" sur France 5, qui d'ailleurs a aussi consacré une émission spéciale à Sheila. Comment choisissez vous vos idoles pour ses reportages ?


Je suis un inconditionnel de la vraie chanson française, c'est-à-dire celle qui, grâce à des paroles et musiques crée une émotion , que ce soit la tristesse ou la joie.

J'ai créé les lumières du music hall en 1995 à l'heure où la chanson française était encore un art mineur. Nous étions partis pour 10 numéros, j'en ai signé 210. Et j'ai choisi d'évoquer toutes celles et tous ceux qui font partie de notre patrimoine, qu'ils soient très connus ou oubliés aujourd'hui, en dépit d'un parcours d'exception.

3. On vous découvre aussi avec Daniela Lumbroso sur feu l'émission "Chababda" ou vous étiez le spécialiste de la chanson française et ou vous enrichissiez ses chroniques par de multiples anecdotes. Vous êtes la "bible", c'est incroyable le nombre d'anecdotes que vous connaissez ! D'ailleurs à ce sujet en auriez-vous quelques unes sur Sheila ?


Je connais des anecdotes parce que j'ai beaucoup travaillé, beaucoup cherché. Il y en a d'innombrables sur notre chère Sheila. Mais celle qui m'émeut particulièrement, c'est sa présence sur la tombe de Piaf, juste après sa mort, et à la veille de ses débuts sur scène.

Les styles et les voix n'ont rien à voir mais je considère cela comme un passage de flambeau entre deux chanteuses populaires, dans le sens noble du terme.

4. En 2006, vous avez travaillé avec Sheila sur l'intégrale "Juste Comme Ca" avec de nombreux entretiens qui pour la plupart avaient été filmés et mis en ligne pour le plus grand plaisir de tous les fans. Comment se retrouve t'on sur un tel projet mis en place par la maison de disques ''Warner'' ?


C'est elle qui m'a demandé de le faire . Et je mesure ma chance. Je l'interviewais régulièrement, pour la presse et la radio, avec un bonheur total. Elle savait que j'étais fan depuis longtemps. Pour tout vous avouer, mon premier argent de poche m'a permis d'acheter ses premiers 45 tours que je connais par cœur et que je conserve encore soigneusement aujourd'hui.



5. Les séances de travail avec Sheila, on vous sent très complices et un peu protecteur, sans être trop indiscret comment avez-vous vécu toute cette période ?


Un privilège et des moments passionnants et intenses. Nous avions des rendez vous d'environ deux heures chez Warner. Je préparais mes questions par thème, et elle racontait avec une mémoire prodigieuse et un enthousiasme sur une période où elle est consciente de s'être beaucoup amusée.

Elle ne m'a rien caché non plus des moments difficiles. Elle a traversé bien des épreuves sans jamais perdre pied.

6. Sur la même période fin 2006, Sheila a préfacé votre excellent ouvrage sur les années Disco qui est une bible pour les fans de cette période ! Avez-vous conscience de la richesse de ces témoignages de cette époque qui reste pour beaucoup avant tout une bonne rythmique associée à une musique Dance ?


J’ai surtout conscience que c’est, jusqu’à aujourd’hui, la dernière vraie époque de création et de joie ! Depuis, c’est plutôt morose …




Les années Disco
de Jacques Pessis, préfacée par Sheila, aux éditions Chronique (2006)
Disponible chez amazon.fr et fnac.com



7. Dans votre parcours on vous découvre aussi homme de radio aux cotés de Philippe Bouvard, vous avez eu comme beaucoup de personnes que nous avons interviewées 9 vies en une, que retirez-vous de votre expérience sur les ondes ?


J'ai eu la chance d'apprendre mon métier grâce au meilleur des professeurs. J'adore la radio, parce qu'on peut tout dire en toute liberté. Bouvard dit "on peut raconter n'importe quoi, mais très vite". Mais la radio, c'est aussi une façon d'entrer dans les familles et de raconter des histoires à l'oreille de celles et ceux qui vous écoutent .

J'ai fait plusieurs milliers d'émissions. C'est beaucoup de travail, car tout doit être soigneusement préparé à l'avance, mais au bout de deux heures d'antenne, on est moins fatigué qu'au début ! C'est de l'énergie, de l'adrénaline.



Philippe Bouvard et Jacques Pessis à l'émission "Les grosses têtes"



8. Journaliste, radios, télés, livres, on peut dire que le monde du multimédia n'a plus aucun secret pour vous. Que pensez-vous de l'évolution du système de vente de la musique ces dernières années ?


Trenet disait "comment peut-on être directeur et artistique"… A mes débuts, quand je téléphonais à une attachée de presse, elle m'envoyait un "disque". Maintenant, quand la nouvelle génération prend contact avec moi, on me parle d'un "produit".

Une interview avec un artiste, c'est un "phoner". Je suis allergique à ce mot. Et je ne parle même pas des chefs de produits ou de marketing. Ils ne connaissent rien à la musique, se foutent de la qualité des paroles, et cherchent à faire des ventes pour éviter d'être virés s'ils n'ont pas atteint le chiffre prévu au budget.

Ils lancent sur le marché des "vedettes kleenex" oubliées au bout de trois mois, donc moralement traumatisées pour la vie. Si Brel, Brassens ou Trenet débutaient aujourd'hui, ils seraient éliminés dès la première scène dans l'une ou l'autre des émissions de "télé-irréalité" consacrées à la chanson.

On dit que le CD ne se vend plus. N'en cherchez pas plus loin la raison…

9. Le livre "Les années Yéyé", le documentaire "Les années ORTF", on vous sent grand nostalgique de ces périodes ?


Je ne suis pas nostalgique, j’aime aussi des choses dans les époques d’aujourd’hui, où, comme hier, il y a à prendre ou à laisser.

Je fais un travail d’historien pour rappeler des souvenirs à celles et ceux qui ont connu cela, mais aussi faire découvrir ces époques à une nouvelle génération, afin que ce passé les aide à construire leur futur.

10. Quand on regarde votre bio il y a beaucoup d'ouvrages sur les vedettes de la chanson, et des grands écarts, Edith Piaf, Charles Trenet, Yves Montand, Dalida, Joséphine Baker et tant d'autres, les avez vous pour ainsi dire tous côtoyés ?


J'ai débuté jeune et j'ai la chance d'en avoir interviewés beaucoup. Trenet demeure celui qui m'a le plus marqué.

11. Avez vous d'autres projets en cours ?



Pour l'instant , jusqu'en 2018 : des films, des livres et des spectacles. Après, on verra...

12. Un message à faire passer ?


Une formule de Charles Trenet dont nous devrions tous faire notre devise : "Quand on a rêvé sa vie, il faut vivre son rêve".

13. Pour finir en musique, si vous deviez sélectionner une chanson de Sheila, laquelle serait-elle et pour quelles raisons ?


Il y en a tellement. J’ai une passion pour "Cette année-là". Je ne sais pas pourquoi, mais je la fredonne souvent. Et aussi "je n'ai pas changé", je ne sais pas pourquoi non plus.





Vous pouvez contacter Mr Jacques Pessis à P6 Productions – 7 rue des Acacias 75017 Paris

Nous tenons à remercier Mr Jacques Pessis pour son implication et sa gentillesse.
Toute l'équipe de Sheila, le fil de notre histoire lui souhaite une bonne continuation dans l'élaboration de ces projets.

Un grand merci à Christian.




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