83 New Era - Distribution CARRERE 66193 - 33 tours - Stéréo


Je suis comme toi

1984...

Big Brother ? George Orwell ? Non.

Sheila, auréolée des lumières de l'aube d'une "New Era" , une "nouvelle ère", grâce au surprenant album "On dit" s'entoure d'une équipe surmotivée dont l'objectif final ne laisse plus aucun doute : la scène. Voeu pieux, vélléité, successivement naissants et avortés en 1974 et 1980. Yves Martin convainc l'artiste de voler de ses propres ailes : il prend depuis peu, non sans heurts, sa carrière en main.

De fait, pour lui, Sheila ne peut plus chanter sans aller à la rencontre de son public, j'entends dans de vraies conditions de concert, et non sous les cris éraillés d'un présentateur du regretté Studio 102, Maison de Radio-France, Ring Parade, Système 2, Top Club et Cadence 3, portés par l'hystérie collective des plateaux de télévision des seventies, où la ferveur qu'entretient, que nourrit Claude Carrère, peut confiner à la panique.

Et, en 1984, l'esprit Carrère/Carrière plane encore, comme plane l'aigle vieillissant d'une usine de pressage de vinyles, où tout, des tenants aux aboutissants, doit demeurer sous son contrôle. Disques estampillés à l'image de ce que le fidèle et dévoué public veut toujours, et encore : une police d'imprimerie ronde, maternante, rassurante qui dessine un S, un H, un E, un I, un L et un A. Six lettres, invariablement. Rien ne doit étonner, rien ne doit changer dans le fond alors que l'emballage est modifié tous les six mois environ. Rien d'étonnant, d'original. Tout doit changer.

Les faces B des S.P. consécutifs au Zénith ne disent pas la vérité mais la hurlent. Sans s'être forgé une carrière internationale comme le prétendent certains avec le manque d'objectivité qui caractérise les trop fidèles, Sheila a "pris conscience de grandes lacunes". "Spacer" et "Little darlin'" lui permettent cette réflexion personnelle, grâce à Bernard Edwards, Nile Rodgers et Keith Olsen, qui l'encouragent à explorer les notes les plus graves de son ambitus vocal, alors qu'au contraire, Carrère l'encourageait à vriller ses cordes dans les aigus. Une tierce plus grave à peine, mais cela suffit, justement, pour tout changer. L'esprit de l'album "Je suis comme toi" est posé.

Sheila ne criera plus jamais dans les aigus. Elle criera, autrement, non une technique vocale plus ou moins bien assimilée, mais de vraies douleurs personnelles. Et, surtout, le timbre, qui a tendance à cingler dans le métallique à la limite du sympathique "titi parisien sur les marchés de Maison Alfort", s'adoucit et aborde un espace plus confidentiel, celui de la chanson réaliste.

"Would you love me in the passing crowd" ? est, sans nul doute, la phrase qui, par son sens et son interprétation, a définitivement marqué le passage d'une "Sheila qui montre qu'elle sait chanter" à une "Sheila qui interprète." C'est sur ce point qu'une approche, un peu différente, peut s'envisager : à partir de ce moment, Sheila connaîtra la chance de rencontrer des auteurs qui lisent en elle un profond manque, et essaient de le lui faire évoquer.

Celles et ceux qui auront lu l'article consacré à "Spacer" n'ignorent pas ma grande reconnaissance du travail stakhanoviste de mister Carrère : un 45t, un visuel, un look, une chanson pas trop compliquée mais à la mélodie bien ficelée et efficace qui se retiennent pendant au moins six mois.

Telle était la méthode impitoyable, le credo d'airain du producteur.

Si l'on devait reprocher quelque chose à celui qui "fit la carrière de Sheila", sans doute serait-ce ce point essentiel : l'éradication des émotions, sensations et sentiments vrais, qui émanent de l'artiste. Et tout ceci, appliqué de la même façon pendant vingt longues années, de 1963 à 1983, ce qui, avec l'usure du temps enfermait Annie dans le personnage "grand public" de Sheila. Certes, elle put "donner son avis". Mais un rôle consultatif n'est pas un rôle décisionnaire.

Sheila, riait, pleurait, aimait par personnes interposées. La difficulté se renforçant d'autant plus qu'elle n'est ni auteur, ni compositeur, ni arrangeur, et que Carrère, sans peut-être totalement le vouloir, enferme celle qu'il croit protéger dans la cage dorée de l'assistanat artistique, et lui coupe fatalement les ailes. Carrère, en vingt ans, fait de Sheila une "vedette", et lui administre lentement la potion paradoxale du succès, le "remède empoisonné".

Comme d'habitude, pour Sheila quand il s'agit d'évoquer un "nouvel album", (il faut garder en mémoire que la plupart des albums de l'artiste ressemblaient plus à des compilations de titres de 45t déjà usés jusqu'à la corde et qu'ils ne proposaient pratiquement aucun inédit, que les titres n'avaient de ce fait pas vraiment de lien entre eux pour forger un "esprit long play") et parce que les habitudes ont la vie dure (Les habitudes m'ont dépassée), on se concentre beaucoup plus sur le contenant au détriment du contenu, on se préoccupe tant de la forme qu'on en oublierait le fond.

Pour l'album "Je suis comme toi", nous essaierons donc de ne pas tomber dans ce travers. Comme je l'ai écrit, selon moi, tout a commencé avec "Would you love me in the passing crowd" ? , prémices du "Film à l'envers", de "Vivre mieux" et de "Emmenez-moi". "M'aimerais-tu dans la foule passante" ? M'aimerais-tu si j'étais seule, anonyme, si je ne m'appelais plus Sheila ?

Carrère, comme un personnage de manga, veut maintenir Sheila dans des poses naïves de fillette pour éternels adolescents. On garde la pose et on appuie sur pause. De cela, Sheila ne veut plus. Tout est dit en un mot : la solitude.

Solitude qui transpire sur cette photo de la pochette intérieure de l'album où Sheila, se laisse aller, lâche prise, s'avachit sur une console, les cheveux encore blonds, lisses, qui lui couvrent presque tout le visage, laisse échapper une expression d'une immense tristesse, évanescente, perdue, au milieu des Caraïbes pourtant rieuses.

"Je suis comme toi" est l'album de la solitude, mais pas nécessairement négative, une solitude qui apporte de tristes interrogations de n'avoir peut-être été aimée que parce que Pygmalion a façonné Galatée à l'image d'un amour sous contrôle. Si Carrère a aimé Sheila, il l'a trop aimée et elle en prend, en cette année 1984, terriblement conscience : Carrère l'a trop aimée, mal aimée, et mal "menée" dans le sens de mal "éduquée", mal "dirigée" à l'autonomie artistique.

Claude Carrère, un peu grand manitou, aux rituels vaudou que Sheila essaierait d'exorciser par la magie d'une voie musicale nouvelle ? Comme l'eau qui éteint le feu dans les églises.

Cela semble fou ? Et pourtant, rappelez-vous : Delavennat crée une poupée Sheila en 1978, à l'effigie de l'artiste, et dans l'émission "Grandeur nature", tournée pour la promotion de la vidéo "Emmenez-moi", Sheila rencontre son prochain créateur Jean-Paul Gaultier et ouvre une valise dans laquelle se trouve une autre poupée Sheila, à couettes, cette fois-ci...

Mais qu'importe, apparemment, Carrère n'empêchera rien, oubliés les vertus de la mellification et les magnétiseurs, Yves et Alex Martin, forts de leur collaboration avec l'équipe de Gérard Presgurvic pour "On dit" en 1983, et qui se sont habilement inspirés d'un titre du groupe "The Clash", "The Magnificent Seven" pour écrire "Chacun fait ce qui lui plaît", donnent enfin à Sheila l'orientation de carrière qu'au crépuscule d'une trentaine flamboyante, elle désespère de trouver. Car voilà peut-être ce qui constitue la problématique essentielle de l'artiste : l'existence d'un noeud gordien, noué avec force par Carrère et son écurie, si complexe, si serré au fil du temps, que l'artiste, à l'image d'Alexandre le Grand, devra se résoudre à trancher d'un violent coup d'épée, faute de pouvoir le dénouer.

Or, le noeud gordien unissait le timon et le joug d'un char. La réalité nous ramène à Sheila, dont Annie semble prisonnière. Trancher ce noeud comportait des risques de blessures : se séparer de Sheila consistait à blesser Annie. Car c'est bien Annie elle-même qui, courageusement, le trancha au cours de ces années 80 en clair-obscur, et qui, de façon irréversible, se blessa en souhaitant se détacher de la lourde image de Sheila.

On a déjà, et fort bien, écrit sur les conditions d'enregistrement de "Je suis comme toi". On a, je l'ai mentionné plus haut, sans doute plus insisté sur la légende du studio Compass Point où Sheila aurait rencontré le groupe Kool of the Gang, sur le changement de look de notre artiste... Étrange d'ailleurs, à quel point il semble impératif de "montrer" au public la métamorphose de Sheila, comme s'il fallait absolument, témoignage télévisuel à l'appui (cf Grandeur Nature), prouver qu'un tel changement était bel et bien possible.

Mais a-t-on cherché à sentir la force des messages délivrés par cet album, dans le studio bahaméen fermé depuis 2010, créé en 1977 par Chris Blackwell, un des fondateurs du label britannique Island Records ? "Compass Point" signifie "Point de boussole" : ironie du sort, qui nous évoque étrangement cette direction que Sheila recherche et qu'elle paraît, en posant pour quelques semaines ses bagages à Nassau, le temps d'un enregistrement de sessions vocales, avoir trouvée.

Le lieu, sans trop développer cet aspect, possède comme le Power Station Studio à Manhattan, une solide réputation musicale, à la hauteur du mythe, puisque le groupe AC/DC y a enregistré le légendaire "Back in black" en 1980. Mais, cette fois, on oublie les légendes, tout ce qui fait reluire. Ici, au Compass Point, Annie laisse un peu Sheila derrière elle, et met en exergue "la chanteuse". C'est ainsi, sur la pochette intérieure de l'album, que Sheila est simplement, humblement nommée. Elle est "la chanteuse". Ce recentrage sur "Annie chanteuse" nous offre les plus belles créations de sa carrière. Et l'artiste, à ce sujet, sait faire preuve de lucidité : à l'écoute de ce qu'on appelait autrefois une cassette de la maquette du "Film à l'envers", Sheila qualifie le titre de "grande chanson".

Oui, pour la première fois (selon moi, "On dit" est un album plus introspectif, plus psychanalytique et donc moins tourné vers un public immédiat) Sheila réussit à se détacher de l'image grand public qui la contamine, et construit un autoportrait touchant d'Annie et d'une artiste qui s'exprime sans fard ni masque, et livre à un public nouveau, peu coutumier de ce geste très personnel, des émotions intactes, vraies, sans le "filtre carrérien" de la poupée Sheila. Écoute un peu mon langage, même s'il te paraît sauvage.

Ainsi, à l'aube de la quarantaine, d'une voix profonde, grave, au sens propre et figuré, Sheila, en neuf titres, en lesquels elle croit (ils firent tous partie du programme du Zénith de l'année suivante), livre ses failles, ses manques, et, surtout, lance un appel. Sheila rêvait d'Amérique. Jamais elle n'a été aussi américaine, jamais elle n'a été aussi bakérienne.

Marilyn Monroe écrivait : "Au secours, je sens la vie qui se rapproche, alors que tout ce que je veux, c'est mourir." Sheila chante : "Mon corps se sent mal dans ce désert/ Pour partir d'ici je ne sais plus quoi faire/Emmenez-moi, avant que je ne sois plus moi et qu'il ne soit trop tard/ Que mon corps entier ne soit séché par le soleil/ Un matin je partirai sans un mot (...) vers la ville et ses lumières/ Vers le paradis ou l'enfer."

Un mois auparavant, tandis qu'elle effectue encore la promotion d'un titre transitoire "Plus de problème", où le texte abrasif ne laisse aucun doute sur les désillusions de sa chanteuse, Sheila, en mai 1984, répond aux questions du subtil Christophe Bourseiller et annonce son départ aux Bahamas, "au soleil", comme cette lionne se complait à le dire souvent, à l'est de la Floride, pour enregistrer un nouvel album sur fond de bleu turquoise et d'exotisme. Bien entendu, cela fait toujours rêver. Mais qui aura senti que l'artiste aborde un des temps les plus déterminants de sa carrière ? Il y aura un avant et un après "Je suis comme toi".

Hélas, "Emmenez-moi", comme "Tout changer" et "Annie", appartient aux faces B que l'on aurait souhaitées tranformées en faces A. Fort heureusement, "Emmenez-moi" figurera sur l'album en question. Si l'on devait ne retenir, d'ailleurs, qu'un seul titre, qui transcende l'appel de Sheila-Annie, ne serait-ce pas celui-là ? Sur la pochette, dont le cliché de Michael Childers rappelle une fin de pellicule prise en vacances, sur un bord de mer, Sheila pose sans en faire des tonnes ; elle est naturelle : maquillage discret, cheveux assez courts au balayage incertain, qui préfigurent la minivague de la période Gaultier, les jambes nues, au galbe sportif de la danseuse, ont peut-être une posture de pas chorégraphique.

Rien ne laisse penser qu'il s'agit d'un visuel d'album. Le bras ainsi levé pourrait évoquer une danseuse de flamenco, en justaucorps et jupons noirs, sobres, rehaussés simplement d'un foulard rose moucheté-petit souvenir des seventies ?- qui flotte au vent et se torsade. Et, détail un peu curieux, le découpage de la silhouette et de son ombre laissent une césure au niveau des épaules, comme si la tête cherchait, dans le mouvement de torsion pour fixer l'objectif, à se détacher du corps.

Le titre "Je suis comme toi", en apparence résolument tourné vers le futur public du live, avec qui une connivence est recherchée, annonce la scène, oui, mais aussi une certaine forme de révélation à soi-même. Au fond, à travers le titre "Je suis comme toi", n'est-ce pas Sheila qui parle à Annie, où Annie qui s'adresse à Sheila ? L'album est voyageur et cosmopolite : il naît à Nassau et Paris, grâce à Dominique Blanc-Francard, Manu Katche, Yves Martin, Olivier Masselot, Jean Soulier, Thomas Muray "T-Blast", sans oublier Jésus Villanueva et Alex Martin (à qui je pense avec émotion) pour la beauté des textes [beaucoup feront d'ailleurs partie de l'aventure toute proche du Zénith qui vient d'être inauguré par Zéro de conduite, Renaud et Charles Trenet, en janvier, l'album se déplace aussi à Londres aux studios Island et Air, grâce à Andy Lyden, génial ingénieur du son des Stones et de U2].

Cette équipe novatrice trouve le juste équilibre entre le son novateur des eighties qui mêle funk, rock, breakdance, jazz et reggae (on sent que les influences jamaïcaines soufflent sur Nassau), "America", "Jumbo Loo", "Guerrier Massaï" que Bernard Lavilliers aurait sans douté appréciée, "La Chanteuse", qui n'est pas sans rappeler la rencontre avec Gene Kelly, un son propice à une scène musclée et on se demande pourquoi, après avoir chanté "Mon p'tit Loup" avec Johnny Hallyday, Sheila ne lui a pas renvoyé l'ascenseur en l'invitant à interpréter en duo le très rock et cuir "Je suis comme toi", équilibre, disais-je entre ce son et celui, plus épuré, du récital, où Sheila exprimera les fragments de vie les plus émouvants : "Vivre mieux" où elle évoque la fatigue de "vivre avec ses rêves sans les partager", la déception "des gens prétentieux qui ne disent jamais rien", "les rides d'amour qui rendent vieux" et surtout qu'elle est "une femme qui le vit mal" avec "toute une vie sur papier journal coincée entre tempête et mer calme".

Mais, avant tout et surtout, "L'Écuyère", la plus belle de toutes, rythmée par une ritournelle triste à l'orgue de Barbarie, chanson de cirque, de rue, histoire d'un drame qu'Édith Piaf aurait pu interpréter, aux paroles d'un réalisme terrible. Tragique. Poignant. Bouleversant. "Elle voulait, pauvre folle, transformer son école/ En chapiteau pour son bonheur". Au final, grand album, petites ventes ? Possible. Mais aussi grandes chansons, grande dame. En neuf titres, Sheila ne nous aura jamais aussi justement dit qui elle était. Et qui nous étions.

En neuf titres, c'est une femme élégante et déchirée, déchirante, qui va entrer dans la lumière. C'est la vie qui se rapproche. Comme Frances Farmer, dont une toute jeune débutante, a emprunté le nom pour murmurer d'une voix psychotique que maman a tort. Comme dans la vie de Norma Jean.

Là où il y a des étoiles qui brillent sur le boulevard.

Loïc



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Face A

1
. Le film à l'envers
(4'10)
(Jesus Vilanueva)

2. América
(4'04)
(Yves Martin)

3. Emmenez-moi
(4'50)
(Yves Martin - Alex Martin)

4. Jumbo Loo
(4'17)
(Yves Martin -O. Masselot/Y. Martin)

5. Vivre mieux
(4'34)
(Yves Martin)

 



Face B

1
. Je suis comme toi (3'50)
(Yves Martin - Alex Martin)

2. Guerrier Massaï (4'11)
(Yves Martin - Alex Martin)

3. L'écuyère (3'46)
(Yves Martin - Alex Martin)

4. La chanteuse (3'50)
(Yves Martin - Béatrice Lanec)


Arrangements et Production Yves Martin

 

 





Dans ce disque qui vient du soleil, je tiens à remercier spécialement O. Masselot et Jean Soulier pour leur fidélité, leur ryhtme délirant et leurs éclats de rire.

Pour Yves qui a investi tant de lui-même, les remerciements ne seront jamais suffusants, car grâce à sa musique folle et son talent fou, tout s'est déroulé comme dans un rêve.

Merci à Andy Lyden et D. Blanc-Francard, d'avoir aussi apporté leur talent à cet album.

 



Batterie : Manu Katché
Basse : G. Delacroix - Yves Martin
Guitare : Jean Soulier - T. "Blast" Murray
Claviers Synthé. : O.Masselot
Choeurs : The "Dolls" - Yves Martin
Percussion : Yves Martin
Ingénieurs : Andy Lyden - D. Blanc-Francard et Didier

Enregistré à Nassau au Studio Compass Point

América
: Enregistré à Island Studio/Londres. Mixé à Air Studio/Londres - Ingénieur : Andy Lyden - Choeurs : Yves Martin/Sheila - Synthé./Basse/Guitare et clarinette : Yves Martin.

Photos : Michael Childers - Pochette George Auger





Les autres supports


.Le vinyle 1ère édition sans sticker

 


.La K7
New Era distribution CARRERE 76.193



.La réedition en compact disc 1996 east west 706301365823 et 2006 Warner 706301365823
Réédité dans le coffret "5 albums originaux"
L'album fait aussi l'objet de réédition pochette cartonnée dans le coffert "Essentiel N°2, les années New Chance"

 


 



.Disque image 2017

 

.L'international

Cette section fera l'objet d'une mise à jour prochainement

 


45 tours extrait de l'album

Face 1 - Plus de problème
(non inclus dans l'album)
Face 2 - Emmenez-moi

Le disque a fait l'objet d'un 2ème pressage avec inversement des titres

Face 1 - Le film à l'envers
Face 2 - Guerrier Massaï

Face 1 - Je suis comme toi
Face 2 - La chanteuse


A noter que la chanson "Vivre mieux" à été intégrée en face 2 du single "On s'dit plus rien" en 1992.

 


 

Anecdotes

 

Le film à l'envers, enregistré en 1984 juste avant la sortie de l'album "Je suis comme toi", ce titre réconcilie les anciens et nouveaux fans, il rappelle quelque peu d'anciennes chansons d'amour bien tristes comme "Dans la glace" (dixit Sheila dans "Grandeur nature" lorsqu'elle écoute la maquette de la chanson).

Curieusement chaque fois que Sheila a une rupture dans sa vie amoureuse, une chanson s'y colle, "Adios amor" évoquerait l'amour impossible avec Brett Halsey en 67, "Reviens je t'aime" quand elle a quitté Pierre Cohen en 70, et ce "Film à l'envers" pour sa rupture avec le beau Carlos, mais tout cela n'est que pure coincidence... Quoique...

La chanson est interprétée en télévision pour la 1ère fois à "Porte bonheur" et pour l'occasion, on découvre la nouvelle coiffure de Sheila, le "film" sera interprété dans de nombreuses émissions, sur scène au Zénith également. On retrouve le film en version acoustique dans l'album sorti en 2002 "Seulement pour toi" et interprété à l'Olympia 2002 de façon sobre et classieuse.. Il "frissonnera" au top 50... Mais n'y rentrera pas.

Emmenez-moi fait l'objet d'un clip vidéo soigné qui a été réalisé par Philippe Gandrieux et Sheila sera pour l'occasion habillée par Jean-Paul Gaultier et coiffée tantôt d'une mini vague ou les cheveux crépés avec une mantille noire qui lui recouvre le visage. Elle chante la chanson en duo avec Gilbert Montagné lors d'un Champs Elysées spécial en septembre 1989 et la réenregistre pour l'album "Le meilleur" de 98, suivront diverses versions.

Le dimanche 3 mai, une tragédie endeuille la France, Dalida met fin à ses jours, Sheila interrompt ses vacances pour rendre un dernier hommage à son amie, visiblement émue, on la voit sur RTL TV en larmes : "tout le monde va la trouver merveilleuse, maintenant, mais c'est avant qu'il fallait lui dire ! " , le lendemain chez Christophe Dechavanne, Sheila bien que superbement bronzée, ne peut retenir ses larmes en chantant "Emmenez moi"… Une page se tourne à nouveau, neuf années après Cloclo, Sheila comptera ses amis sur les doigts d'une main et elle n'est pas au bout de ses surprises…

Grandeur Nature, initialement prévue pour s'appeler "Satisfaction", cette magnifique émission a été tournée en mai 1984 et diffusée le 1er janvier 1985 co-produite par l'Ina et le ministère de la culture, sur une idée de Michel Cressole de Libération !

La rencontre avec le jeune styliste branché d'avant garde Jean-Paul Gaultier avec une vedette populaire très connue et la métamorphose de cette dernière par le créateur pour un clip "Emmenez moi", une splendeur, avec en bonus une interview où Sheila se révèle drôle, émouvante et belle à la fois tout cela entrecoupé d'archives et une Sheila complètement libérée qui se révèle enfin :

"j'ai pas lu Proust, plus cool que moi, y'a pas, j'étais pas kitsch du tout, quand tu lis tes mémoires écrites par ton ex mari, c'est l'horreur... j'osais pas chanter devant mes parents, par pudeur, par timidité..." Sublime.

Jumbo Loo, enregistré en 1984 pour l'album "Je suis comme toi", on sent les influences des Bahamas, du studio "Compass point", des bonnes ondes qui ont entouré ces enregistrements à une époque où tout était possible. Ce Jumbo loo (la danse qui rend fou) n'est peut être pas la meilleure chanson de l'album mais elle est pleine de trouvailles, le rythme hip hop, le break dance, une mélodie envoûtante et les petites voix au synthé la rendent originale.

Sheila l'interprète sur la scène du Zénith en février et mars 1985 avec son bel ensemble blanc Gaultier. Pas de promo télé mais un hommage sympa lors de l'émission "Gym tonic" rendu par Véronique et Davina qui exécutèrent une chorégraphie sur la chanson en nous conseillant d'aller vite applaudir Sheila et son beau spectacle du Zénith !

Guerrier Massaï sera interprété au Zénith dans une chorégraphie époustouflante avec une dizaine de danseurs, quelques extraits ont été diffusés à l'époque, des extraits existent en vidéo... En 2002, Sheila ré enregistre le titre pour l'album "Seulement pour toi" dans une version reggae.

Studio Compass Point, situé à Nassau dans l'Archipel des Bahamas, Sheila s'offre le luxe d'y enregistrer cet album, le second réalisé par les frères Martin, entourée d'Olivier Masselot, T.Blast Murray, Manu Katché, du beau monde, normal, le Compass Point est considéré comme l'un des meilleurs studios d'enregistrement du monde.

Ce n'est pas pour rien que Mick Jagger, les Kool & the Gang, Grace Jones et avant eux, Bob Marley y a travaillé. "Je suis comme toi" a donc un "son" et ça s'entend !

L'écuyère, enregistrée en 1984, cette triste histoire à la façon des "Souliers de satin blanc" ou autres chansons réalistes à la Frehel peut être interprétée de deux façons, ou au 1er degré en pleurant sur les malheurs de cette pauvre vieille écuyère qui dansait de plus en plus mal ou alors en y décelant des subtilités sur le tragique destin de l'artiste dans le monde cruel du show biz "Danse, danse il n'y a plus rien d'autre à faire, que ton cheval hésite, que la chance te quitte, qu'on te ramasse à la cuillère..." à méditer.

Quoiqu'il en soit, une belle chanson, une des préférées de Sheila d'ailleurs, interprétée en exclu lors de son unique show Carpentier en mars 84, puis incluse dans l'album "Je suis comme toi" et souvent interprétée en télé : Cadence 3, Champs Elysées, Académie des 9, Tous en piste... et reprise sur scène au Zénith, aux Olympias 89, 98, 99 (que le public chante du début à la fin) et enfin dans le concert acoustique du 14 février 2002 et dans le spectacle du Cabaret sauvage en 2006.

Sheila la chante aussi en duo avec Camille Lou dans son futur album de reprises intitulé "Love Me Baby".

Vivre mieux est enregistrée en 1984 pour l'album "Je suis comme toi" à Nassau, cette chanson écrite par Yves Martin montre bien que ce dernier a tout compris à celle qui va devenir sa compagne, d'ailleurs on apprend l'existence de cette chanson bien avant la sortie du disque, dans "7 jours madame" en juillet 84, Sheila l'annonce comme étant sa chanson préférée et c'est ce titre si bien écrit qui ouvre le spectacle du Zénith le 22 fevrier 1985.

Toute la vie actuelle de Sheila se résume dans ce titre aux phrases révélatrices et profondes comme "J'ai toute une toute une vie sur papier journal, je suis femme, je le vis mal, écoute un peu mon langage, déçue par ces gens prétentieux, je veux juste me sentir bien dans ma peau, meme si je t'ai parlé faux, je veux vivre mieux, tout multiplier par 2".

19 ans après, la chanson est toujours actuelle, c'est pourquoi elle l'a interprétée de façon si bouleversante lors de l'Olympia 2002 et aussi lors du concert acoustique de Canal Jimmy. En télé, elle ne l'a chantée en direct cependant qu'une seule fois, lors de son "Champs Elysées" du 19 janvier 1985.

Un CD collector inclus dans le programme de l'Olympia 2002, qui fêtait ces 40 ans de carrière, nous offre une nouvelle version avec cette petite phrase à la fin ajoutée de la chanson "Seulement pour toi" en surprise...

 

Texte et graphisme : Loïc / Olivier (sauf mention contraire) - Eric - Assistant à la réalisation : Fred - Le tracklisting est la liste des titres d'un album ou d'une vidéo - 30 cm est l'appellation alternative de 33 tours, le terme LP est un long play - Remasteriser c'est l'action d'opérer la numérisation d'un document sonore ou vidéo initialement enregistré sous forme analogique - Le Dolby System utilisé sur les cassettes est un brevet des Laboratoires Dolby, de 1966 pour les studios et 1968 pour le grand public, qui permet de réduire le souffle induit par la bande magnétique mais qui a pour effet d'assourdir les aigues - La cassette audio inventée par Philips est introduite en 1963 après beaucoup d'années de recherche et développement et proposée par les studios pour le grand public quelques années plus tard - Remix : En musique, un remix est une version modifiée d'un morceau, réalisée en studio ou parfois en live avec des techniques d'édition audio, destinée en général aux Disc jockey pour les clubs.
Sheila, le fil de notre histoire - Le site non officiel
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